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Remarques philosophiques

une citation de wittgenstein:

Le sens d’une question c’est la méthode pour y répondre.

Dis-moi comment tu cherches et je te dirai ce que tu cherches.

La simplexité

La Simplexité

« La simplexité, telle que je l’entends, est l’ensemble des solutions trouvées par les organismes vivants pour que, malgré la complexité des processus naturels, le cerveau puisse préparer l’acte et en projeter les conséquences. Ces solutions sont des principes simplificateurs qui permettent de traiter des informations ou des situations, en tenant compte de l’expérience passée et en anticipant l’avenir. Ce ne sont ni des caricatures, ni des raccourcis ou des résumés. Ce sont de nouvelles façons de poser les problèmes, parfois au prix de quelques détours, pour arriver à des actions plus rapides, plus élégantes, plus efficaces. »

Comme le démontre Alain Berthoz dans ce livre profondément original, faire simple n’est jamais facile ; cela demande d’inhiber, de sélectionner, de lier, d’imaginer pour pouvoir ensuite agir au mieux.

La comète de 1857

Honoré Daumier, Monsieur Babinet prévenu par sa portière de la visite de la comète

La sérendipité

La sérendipité est un phénomène complexe. C’est l’art de découvrir, inventer et créer ce à quoi on ne s’attend pas. Il signifie que l’on trouve quelque chose que l’on n’avait pas cherché, à partir d’une observation surprenante, que l’on a pu expliquer correctement. Ce mot est plus instructif que «hasard heureux». Ce qu’on apprend généralement à l’université, c’est l’inverse, la «non-sérendipité», c’est-à-dire trouver ce que l’on cherche, alors que l’art crucial de trouver le non-cherché joue un rôle très important dans la science, ou la technique. Dans les disciplines expérimentales, comme la chimie, la physique, la géologie, la médecine, l’astronomie, la technique et les arts, les exemples de sérendipité sont fréquents. Dans ces domaines, il est plus facile de voir et de tester si on a découvert quelque chose que l’on ne cherchait pas.

Continent science, sur France Culture, y consacre sa dernière émission.

Passi, Messa !

joost swarte

Protégeons les objets

Lorsque les archéologues auront mis au jour tous les trésors du passé, et qu’on étendra sur la surface de la terre les objets découverts afin d’en réaliser l’inventaire, les hommes devront fabriquer un nombre équivalent de récipients et de boîtes pour ranger l’intégralité de leurs fossiles.

Ludwig et Marcel

LW – Je l’ai déjà dit : où l’on ne peut pas chercher, on ne peut non plus poser de question, ce qui veut dire : où il n’y a pas de méthode logique pour trouver, la question ne peut pas non plus avoir de sens.

MD – (silence)

LW – C’est seulement là où il y a une méthode pour sa solution qu’il y a un problème (ce qui naturellement ne veut pas dire : « ce n’est que là où une solution est trouvée qu’il y a un problème).

MD – (silence)

LW – C’est-à-dire : là où la solution ne peut être attendue que d’une sorte de révélation, il n’y a pas non plus problème. À une révélation ne correspond pas de question.

MD – (silence)

LW – Ce serait comme si on voulait s’enquérir de la pratique d’un organe des sens que l’on ne possède pas encore. Qu’un nouvel organe des sens nous soit donné, c’est ce que j’appellerais révélation.

MD, après un long silence – Il y a une contradiction absolue, mais c’est ça qui est agréable, n’est-ce pas !

Encyclopédie de la pensée

Quand j’imagine que je fais un mouvement impossible, par exemple que je passe à travers les murs, que je nage sous la terre, ou que je vole au-dessus des villes et des champs, l’émotion qui m’étreint me cloue sur ma chaise et me renverse. Je sais bien que suis assis devant un livre ou encore au lit. Cependant, bonheur ou regret, je suis dans une division permanente. Penser, c’est pareil que faire, pour le cerveau.

Musicophilia #2

J’oubliais de préciser que les réflexions ci-dessous ne sont pas le fruit de ma seule intelligence, et même qu’un certain Oliver Sacks, neurologue américain, en est le véritable auteur. Vous trouverez ce passage dans Musicophilia, un ouvrage dont tous les membres de la nébuleuse n+1 peuvent apercevoir un chapitre sur leurnom@nplusun.org. Si vous souhaitez connaître quelques exemples d’imaginaire musical, et par là même savoir comment il peut parfois s’exprimer, allez voir.

Maintenant, vous pouvez aussi écouter Oliver Sacks parler des brainworms, les vers cérébraux. Brrrr !!!

Pour les moins anglophiles, il y a la traduction ici.

Musicophilia

mindmap of oliver sacks, by austin kleon

Mais pourquoi faudrait-il toujours que tout soit signifiant ou interprétable ? Il n’est pas certain qu’un art quelconque le réclame, et, parmi tous les arts, c’est à coup sûr la musique qui l’exige le moins – car elle est à la foi intimement liée à nos émotions et si abstraite qu’elle n’a aucun pouvoir de représentation formelle.

Nous avons beau escompter que les spectacles auxquels nous assistons nous renseigneront sur la jalousie, la trahison, la vengeance ou l’amour, la musique instrumentale n’a rien à nous apprendre en la matière. Une musique peut être en même temps formellement parfaite – d’une perfection quasi mathématique – et si tendre, si poignante et si belle qu’elle nous fend le cœur (Bach, cela va sans dire, était passé maître dans l’art de la combinaison de ces deux aspects) ; mais elle n’est pas tenue pour autant de signifier quoi que ce soit. On peut se souvenir d’une musique, lui insuffler une vie imaginaire (voire hallucinatoire) pour la simple raison qu’on l’apprécie… c’est une raison suffisante.